Comment départager les meilleurs rappeurs ? Voici les 8 critères du Black Hole Protocol
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Comment départager les meilleurs rappeurs ? Voici les 8 critères du Black Hole Protocol

Mohamed Deyoko

Comment départager les meilleurs rappeurs ?

Qui est le meilleur rappeur de tous les temps ? Posez la question autour d’une table et vous avez de bonnes chances d’initier un débat qui peut rapidement devenir houleux. Chacun aura son champion, ses arguments, ses souvenirs et, surtout, ses propres critères. Pour les uns, tout se joue à la plume. Pour les autres, un rappeur trop mauvais sur scène ne peut prétendre au trône. Certains accorderont une attention particulière aux classiques, d’autres aux chiffres de vente. Les plus anciens parleront d’héritage, tandis que les plus jeunes sortiront les compteurs de streams. Et, inévitablement, viendra le moment où chacun invoquera l’argument ultime : « De toute façon, c’est une question de goût. »

Pratique. Mais insuffisant. Car si tout se résume au goût, autant renoncer immédiatement à toute idée de classement. Mon rappeur préféré vaut le tien, le tien vaut celui du voisin, et la discussion s’arrête là : chacun repart avec son champion et la certitude d’avoir raison.

Chez Black Hole Papers, nous avons décidé de faire autrement. Non pas parce que nous prétendons détenir une vérité universelle sur le rap. Mais parce que, dès lors que nous voulons comparer des artistes, établir un classement et, à terme, défendre un Top des meilleurs rappeurs, une obligation s’impose : annoncer les règles avant le début de la compétition. Voici les nôtres. Bienvenue dans le Black Hole Protocol.

Avant de classer, encore faut-il savoir ce que l’on classe.

Premier problème : qu’entend-on exactement par « meilleur rappeur » ? Celui qui vend le plus ? Celui qui possède la meilleure plume ? Le plus technique ? Le plus influent ? Celui qui compte le plus de classiques à son actif ? Celui qui a su bâtir la carrière la plus solide ? Ou celui dont les morceaux ont laissé une trace indélébile dans l’histoire du rap ?

Toutes ces dimensions comptent. Mais elles ne mesurent pas la même chose. Un immense vendeur n’est pas nécessairement un immense rappeur. Un technicien exceptionnel peut avoir une discographie anecdotique. Un auteur brillant peut manquer de flow. Un artiste extrêmement influent peut avoir été dépassé techniquement par ceux qu’il a inspirés. À l’inverse, un rappeur confidentiel peut posséder une maîtrise extraordinaire sans avoir profondément marqué l’histoire du genre. Il fallait donc arrêter de chercher le critère magique. Nous en avons retenu huit.

Huit dimensions qui permettent d’évaluer un rappeur dans son ensemble : ce qu’il sait faire avec un micro, l’œuvre qu’il a construite, la trace qu’il a laissée et la manière dont son travail a rencontré le public. Mais tous ces critères n’ont pas le même poids. Certains comptent davantage que d’autres. Car établir une méthode, ce n’est pas seulement choisir ce que l’on mesure : c’est aussi décider de ce qui compte le plus.

1. Beat : La polyvalence musicale Coefficient ×1 : 10 points

Un grand rappeur ne doit pas être prisonnier d’un seul type de production. Boom-bap, trap, drill : les époques passent, les producteurs changent et les textures évoluent. Les meilleurs savent traverser ces différents univers sans jamais perdre leur identité. Il ne s’agit donc pas ici de déterminer si les instrumentales choisies sont « bonnes ». Le rappeur n’en est d’ailleurs pas nécessairement le compositeur. Ce que nous évaluons, c’est ce qu’il est capable d’en faire. Peut-il rapper sur différents tempos ? Adapter son flow lorsque la production l’exige ? Traverser plusieurs époques musicales ? Explorer de nouvelles sonorités ? Sortir de sa zone de confort sans devenir méconnaissable ? Car la polyvalence n’est pas l’absence d’identité. Elle en est peut-être la meilleure démonstration : changer de terrain sans jamais changer de visage. D’où un coefficient ×1. Parce qu’un rappeur n’a pas besoin de savoir rapper sur absolument tout pour être grand.

2.Flow : La maîtrise du micro Coefficient ×3 : 30 points

Ici, les choses sérieuses commencent. Le flow ne consiste pas à caser le maximum de syllabes en quelques secondes avant de reprendre son souffle. C’est avant tout une manière d’habiter le rythme. Placement, diction, respiration, variations de cadence, silences, accélérations, ralentissements, articulation, timbre, présence, interprétation : la voix devient un instrument, et le beat son terrain de jeu. Deux rappeurs peuvent poser exactement le même texte sur la même production et livrer deux morceaux radicalement différents. Pourquoi ? Parce qu’un texte, aussi bon soit-il, n’est pas encore du rap. Encore faut-il savoir le rapper. C’est précisément ce que nous cherchons à mesurer : la capacité du MC à donner une forme sonore à ses mots. Savoir quand accélérer, quand retenir une syllabe, quand laisser respirer une mesure, quand attaquer le beat ou, au contraire, lui laisser de l’espace. Le flow mesure cette intelligence du rythme : la capacité à transformer des mots écrits en performance sonore. Et ça pèse lourd : coefficient 3.

3.Lyrics : La maîtrise de l’écriture Coefficient ×3 : 30 points

On peut tourner autour du pot autant qu’on veut : le rap reste un art de la parole. Alors regardons les mots. Rimes, images, figures de style, vocabulaire, formules, narration, structures, angles, doubles sens : écrire, c’est savoir raconter, décrire, faire rire, provoquer, émouvoir ou faire surgir toute une scène en quelques mesures. 

La technique ne doit jamais devenir une fin en soi. Empiler mes multisyllabiques, multiplier les figures de style ou exhiber son vocabulaire ne suffit pas à faire un grand auteur. La technique n’a de valeur que lorsqu’elle sert quelque chose : une idée, une émotion, une image, une histoire. Une phrase simple peut frapper plus fort qu’une démonstration de virtuosité. Une image juste peut traverser vingt ans, là où une avalanche de rimes disparaît aussitôt le morceau terminé. La question n’est donc pas seulement : « Est-ce bien écrit ? » Elle est aussi, et peut-être surtout : « Qu’est-ce qu’il en reste une fois le morceau terminé ? » Coefficient 3. Parce que prétendre maîtriser l’art de la parole sans maîtriser l’écriture revient à monter sur le ring avec un bras attaché dans le dos.

4.Vision : Le fond Coefficient ×4 : 40 points

Un rappeur peut posséder un flow exceptionnel, une plume chirurgicale et une technique à faire pâlir ses contemporains. Une question demeure pourtant : qu’en fait-il ? De quoi parle-t-il ? Quel regard porte-t-il sur son époque, son environnement, les rapports humains, l’argent, la rue, la famille, le pouvoir, l’amour, la violence, le travail, la réussite, l’échec ou sa propre condition ? Et surtout : que reste-t-il une fois la démonstration technique terminée ? La Vision mesure le fond, mais pas seulement au sens du « message ». Un rappeur n’a pas besoin de transformer chaque morceau en dissertation pour avoir quelque chose à dire. Raconter la rue, son quartier, ses contradictions, ses ambitions, ses failles ou simplement sa manière de regarder le monde suffit à révéler une vision.

C’est précisément cela que nous recherchons : un regard. Quelque chose derrière les rimes. Une parole qui ne soit pas seulement performante, mais habitée. C’est pourquoi la Vision reçoit le coefficient le plus élevé du Black Hole Protocol : ×4. 40 points. 20 % de la note finale. Car savoir rapper n’est que le commencement. La véritable question est de savoir ce que le rappeur choisit de faire de sa parole une fois le micro entre ses mains.

 5.Persona : L’identité artistique Coefficient ×2 : 20 points

Faisons une expérience. Retirez le nom. Retirez la pochette. Retirez le clip. Lancez seize mesures. Savez-vous qui rappe ? Les grands rappeurs développent quelque chose qui dépasse leur technique : une présence. Une voix, un vocabulaire, une manière de construire les phrases, des thèmes, une attitude, un imaginaire, des obsessions, parfois même une mythologie personnelle. Bref : un  persona. Cela ne signifie pas que le rappeur doit raconter sa vie au premier degré. Authenticité et autobiographie sont deux choses différentes. Ce que nous évaluons, c’est la singularité et la cohérence de l’identité artistique. Parce que maîtriser les codes est une chose. Créer les siens en est une autre.

6.Discographie : L’œuvre Coefficient ×3 : 30 points

Un grand morceau peut arriver par accident. Un excellent album, beaucoup moins. Une grande discographie, certainement pas. Lorsqu’on prétend départager les meilleurs rappeurs de tous les temps, impossible de s’arrêter à trois morceaux mythiques et deux freestyles qui ont retourné les réseaux. Il faut regarder l’œuvre. Qualité des albums, quantité de projets, productivité, régularité, morceaux majeurs, classiques, prises de risque, longévité et capacité à maintenir un niveau élevé malgré les années. Le temps devient ici un juge particulièrement cruel. Certains démarrent très fort puis disparaissent. D’autres mettent plusieurs années à atteindre leur sommet. Certains traversent les modes. D’autres deviennent prisonniers de l’époque qui les a consacrés. Une grande carrière n’est donc pas simplement une collection de bons souvenirs. Elle doit produire un corpus.Un morceau démontre une capacité. Une discographie révèle la valeur, la cohérence et la singularité d’une œuvre.

7.Impact : L’héritage Coefficient ×3 : 30 points

Maintenant, retirons le rappeur de l’équation. Que manque-t-il ? C’est peut-être la manière la plus simple de comprendre ce que nous appelons l’impact. A-t-il introduit de nouvelles manières de rapper ? Inspiré une génération ? Popularisé certaines sonorités ? Fait évoluer l’écriture ? Créé des codes repris ensuite par d’autres ? Ouvert une voie ? Repoussé les frontières de ce que le rap pouvait être ? L’influence ne se mesure pas seulement au nombre de rappeurs qui citent un nom en interview. Elle se lit surtout dans ce qui vient après : dans les flows qui se propagent, les expressions qui s’installent, les esthétiques qui essaiment et les portes ouvertes que d’autres finissent par franchir. Pour un classement des meilleurs rappeurs de tous les temps, cette dimension est essentielle. Car il ne s’agit plus seulement d’évaluer un artiste et son œuvre, mais de mesurer la place qu’il occupe dans l’histoire du rap.

D’où deux questions fondamentales : Qu’a-t-il apporté au rap ? Et qu’en reste-t-il après lui ?

8.Portée : La rencontre avec le publicCoefficient ×1 : 10 points

Et nous voilà arrivés au sujet qui fâche : les chiffres. Ventes, certifications, streams, succès des albums et des singles, capacité à toucher un large public et à maintenir cette audience dans le temps : faut-il les prendre en compte ? Oui. Faut-il les laisser décider du classement ? Certainement pas. Une certification indique qu’une œuvre a rencontré son public. Elle ne certifie ni la qualité d’une plume, ni la maîtrise d’un flow, encore moins la profondeur d’une vision. Un disque d’or n’est pas un diplôme de rapologie. Mais prétendre que la réception du public ne compte absolument pas lorsqu’on évalue l’importance d’une carrière serait tout aussi artificiel. Nous intégrons donc la Portée, mais en lui accordant sa juste place : coefficient 1. Les chiffres témoignent de la rencontre entre une œuvre et son époque. Ils apportent un éclairage ; ils ne rendent pas le verdict.

200 points pour trancher

Le Black Hole Protocol repose donc sur huit critères, chacun noté sur 10 puis pondéré selon son importance. Cette hiérarchie est intentionnelle.

Vision : 20 %.

Flow, Lyrics, Discographie et Impact : 15 % chacun.

Persona : 10 %.

Beat et Portée : 5 % chacun.

Cepandant, cette hiérarchie n’est pas sans conséquence : : 80 % du résultat repose sur la Vision, le Flow, les Lyrics, la Discographie et l’Impact. Autrement dit, impossible de venir braquer le classement avec trois certifications, deux tubes et quelques millions de streams.

 Une méthode n'est jamais neutre

Maintenant que les règles sont posées, revenons à notre question de départ : qui est le meilleur rappeur de tous les temps ? Nous avons désormais huit critères, leurs coefficients et 200 points à distribuer. Ce protocole n’est ni parfait ni universel. Il constitue simplement, à nos yeux, le mode opératoire le plus équilibré et le plus pertinent pour tenter de répondre à cette question. Notre parti pris est clair : le succès compte. La technique compte davantage. L’œuvre et l’héritage comptent encore plus. Mais au sommet de notre protocole demeure une question essentielle : qu’a fait le rappeur de sa parole ? Car un grand rappeur ne se mesure pas seulement à sa capacité à prendre le micro, mais aussi à ce qu’il choisit d’en faire une fois qu’il l’a entre les mains. Le Black Hole Protocol fixe notre cadre. Et si, un jour, nous décidons de dresser notre classement des meilleurs rappeurs de tous les temps, c’est cette méthode que nous utiliserons pour les départager.

Soyons clairs : le Black Hole Protocol ne prétend pas être une vérité absolue. C’est notre méthode. Et une méthode implique des choix. Nous aurions pu donner un coefficient 4 aux ventes. Nous aurions pu considérer la technique comme l’alpha et l’oméga du rap. Nous aurions pu placer la discographie au-dessus de tout ou faire de l’influence le critère suprême. Nous avons choisi autre chose.

Et c’est précisément l’intérêt de publier nos critères avant notre classement. Vous pouvez contester une note. Vous pouvez discuter un coefficient. Vous pouvez considérer que nous accordons trop d’importance à la Vision ou pas assez à la Persona. Très bien. Mais désormais, vous connaissez la règle du jeu.Vous pourrez donc juger nos classements à l’aune de nos propres critères et vérifier, avec le temps, si nous restons fidèles à la ligne que nous avons nous-mêmes tracée. C’est aussi cela, le Black Hole Protocol : ne pas seulement rendre un verdict, mais montrer comment nous y sommes parvenus.

Du Top 50 au Black Hole Protocol

Il y a plus de dix ans, je m’étais déjà risqué à l’exercice. À l’époque j'animais un site du nom de rafrancsevere.com, j’avais tenté de répondre à cette question impossible : qui sont les meilleurs rappeurs français de tous les temps ? Le résultat avait pris la forme d’un Top 50, avec MC Solaar en mention honorable, puis Kery James, Rockin’ Squat et Booba aux premières places.

Je ne renie pas ce classement. Il raconte une époque, mais aussi une manière de juger le rap qui était alors la mienne. Simplement, mes outils n’étaient pas encore aussi affûtés qu’aujourd’hui. Les critères existaient : plume, flow, univers, classiques, vision , mais ils n’étaient ni formalisés, ni pondérés, ni appliqués selon un protocole aussi précis. Le classement allait jusqu’à Kaaris, en cinquantième position, et accordait également plusieurs mentions spéciales.

Surtout, près de dix ans ont passé. Une éternité à l’échelle du rap. De nouvelles carrières se sont construites, des discographies ont pris du poids, des statuts ont changé. Certains artistes qui n’auraient alors même pas pu prétendre sérieusement à une place dans ce classement sont aujourd’hui impossibles à écarter de la discussion. Ninho, Freeze Corleone et bien d’autres ont depuis rebattu les cartes.

Je mets donc ce premier Top 50 à votre disposition. Non pas comme une vérité gravée dans le marbre, mais comme une photographie de ce que je pensais à l’époque. Lisez-le, contestez-le, amusez-vous de certaines positions, approuvez-en d’autres. Il constitue désormais notre point de départ.

Car cette fois, nous disposons d’un outil bien plus précis : le Black Hole Protocol. Huit critères. Des coefficients annoncés à l’avance. 200 points. Une méthode suffisamment transparente pour que vous puissiez non seulement discuter le résultat, mais aussi comprendre exactement comment nous y sommes arrivés. Et puisque les règles sont désormais posées, autant voir plus grand.

Le Top 50 appartient au passé. À présent que nous sommes mieux équipés, qui sait ? Peut-être aurons-nous bientôt l’audace de nous attaquer à une question autrement plus vertigineuse : quels sont les 100 meilleurs rappeurs français de tous les temps ?

Conclusion : Les règles sont posées, le débat peut commencer .

Cette première saison des Fondamentaux de Black Hole Papers touche à sa fin. Six articles pour poser les bases, définir notre conception du rap et, surtout, construire progressivement les outils qui serviront désormais à nos analyses.

Nous avons commencé par revenir aux origines. "Dans Comment le rap est devenu une catégorie fourre-tout pour l'industrie phonographique", nous avons retracé l’histoire du mot rap, son évolution et les glissements successifs qui ont fini par lui faire désigner des réalités musicales parfois très éloignées les unes des autres. Dans le deuxième épisode, une autre question s’est imposée : quelle est la mission d’un rappeur ? En partant de la formule des Watts Prophets, « Rappin’ Black, Rappin’ Facts », nous avons dégagé ce qui constitue, selon nous, l’objet premier du rap : prendre la parole depuis une réalité pour raconter les faits. Restait alors à savoir comment étudier cette parole. Nous avons présenté les 5 Forces de Rap Brown : Beat, Flow, Lyrics, Vision et Persona. Cinq dimensions permettant de décortiquer un morceau, d’en faire apparaître les forces, les faiblesses et, surtout, la singularité.

Mais analyser n’est pas encore juger. Avec le Diagramme de Dessalines, nous avons donc franchi une nouvelle étape : déterminer la qualité d’un morceau à partir de critères annoncés et le situer sur notre échelle : sévère, léger, déviant ou défaillant. Puis nous sommes passés du morceau à celui qui tient le micro. Qu’est-ce qui distingue un bon rappeur d’un mauvais ? Pour y répondre, nous avons construit l’Échelle d’Hamilton, notre outil d’évaluation des rappeurs. Enfin, dans ce sixième et dernier épisode, nous avons encore élargi la focale : comment départager les meilleurs rappeurs ? Le Black Hole Protocol vient compléter notre arsenal en fixant les critères et les coefficients qui nous permettront, le moment venu, de comparer les prétendants selon une méthode commune.

Six épisodes plus tard, les fondations sont posées. Nous avons défini ce que nous qualifions de rap, ce que nous valorisons dans un morceau, ce qui distingue selon nous un bon rappeur et les critères qui nous permettront de départager les meilleurs.

Dresser la liste des 100 meilleurs rappeurs français de tous les temps soulève immédiatement une question cruciale : 100 meilleurs parmi combien ? Combien de rappeurs la France a-t-elle comptés depuis l’apparition du rap sur son territoire ? Mille ? Cinq mille ? Dix mille ? Davantage ? Et surtout, comment parvenir à une estimation sérieuse lorsqu’il n’existe aucun registre recensant tous ceux qui, un jour, ont pris le micro ? Avant de déterminer qui mérite d’entrer dans le Top 100, encore faut-il avoir une idée du nombre total de prétendants.

La question paraît simple. La réponse l’est beaucoup moins. Entre les pionniers, les groupes, les carrières confidentielles, les artistes indépendants, les générations successives, les scènes locales et l’explosion provoquée par Internet et les plateformes, tenter de compter les rappeurs français ressemble presque à une mission impossible. Presque.Car si parvenir à un chiffre parfaitement exact semble illusoire, construire une estimation cohérente, documentée et défendable est une autre affaire.

Combien y a-t-il eu de rappeurs en France ? Encore une question sans réponse évidente. Encore un défi à relever pour Black Hole Papers. La saison 1 des Fondamentaux s’achève ici. Pas nos interrogations. 

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