
Le rap est un art noble
Ici, on parle français. Et plus particulièrement de rap français. Qu’est-ce que tu veux : on ne choisit pas ce qu’on aime, pas plus qu’on ne choisit ceux qu’on aime. Je fais partie de ceux qui entretiennent un rapport presque épidermique avec cette musique. Il faut croire que je suis un peu pointilleux. À chaque fois que j’entends un chroniqueur qualifier de « rap » un morceau où l’artiste passe son temps à chantonner, ça m’énerve. À chaque fois que j’entends parler de « rap conscient » ou de « rap hardcore », comme si ces étiquettes avaient le moindre sens, ça m’énerve. À chaque fois qu’un animateur s’extasie devant un album « incroyable », « exceptionnel », « historique », alors qu’il n’y a franchement rien de renversant, ça m’énerve.

Le rap est un art noble. Pour beaucoup d’entre nous, c’est même la bande-son de nos vies. Quand tu t’es fait les crocs sur du Démocrates D, du Fabe ou du Expression Direkt, difficile de se satisfaire de la production rapologique actuelle. Le rap sévère, celui qui arrache tout , qui te met d’accord dès la première écoute, existe encore. Le problème, c’est qu’il faut aller le chercher. Entre les albums, les mixtapes, les singles et le nombre de rappeurs qui ne cesse d’augmenter, qui a le temps de passer des heures à retourner le Net pour dénicher le morceau qui tue ? Je suis sûr que tu en connais. Il y en a probablement autour de toi : des anciens, des passionnés de rap qui, à force de chercher leur compte dans une scène où trop de rappeurs ne sont tout simplement pas au niveau, ont fini par décrocher.
Le quotidien d’un rappeur indépendant, je le connais. Ce qui nous fait cruellement défaut, c’est l’exposition. Une fois que t’as payé l’instru, le studio, le mix, le mastering, la cover et le clip, bien souvent il ne reste plus grand-chose pour la promo. Alors tu peux passer des mois, parfois des années, à construire un projet, y mettre ton temps, ton argent et ton énergie, pour finalement le voir tomber dans l’oubli quelques jours après sa sortie.

D’un côté, on a un rap qui perd peu à peu sa définition. De l’autre, des auditeurs débordés qui ne savent plus où donner de la tête. Et au milieu, des rappeurs qui affûtent leur lame comme des samouraïs, mais qui peinent à faire entendre leur musique.
Dire les termes. Redonner du sens. Faire vivre les classiques de toutes les époques. Dénicher de nouveaux morceaux. Mettre en lumière les rappeurs qui ont de la trempe. C’est pour tout ça que j’ai créé le journal Black Hole Papers.
Je m’intéresse au rap dans le fond comme dans la forme. Je l’envisage autant comme un objet d’analyse que comme un sujet de réflexion. Je m’intéresse à ce que dit le rap et à ce qu’il dit société. Le rap est une musique vivante, il y mille façons de l’écouter, de le comprendre et d’en parler. Alors, pour rendre compte de toutes ses dimensions, je vous ai concocté un putain de programme.
Le Black Hole Contre Attaque

Maintenant que tu connais notre raison d’être, regardons le programme d’un peu plus près. Chaque mois, dans la section ACTU je repère les sons qui tuent, avec DÉLICATESSEN on passe les albums au crible, LA LOI DES MACHETTES c'est la playlist des classiques d’hier et aux d’aujourd’hui, LES FONDAMENTAUX et LA MÉGÈRE c'est pour aller au fond des choses, tandis que LA BLACKLIST referme la semaine avec notre courrier confidentiel du dimanche à 19 h 55. Des actus pour suivre. Des sélections pour découvrir. Des analyses pour comprendre. Black Hole Papers c'est du rap à lire à voir et à écouter.
Actu : Tous les trois jours, Un morceau. Un regard. Une brève.

Tous les trois jours, je sélectionne un morceau, un clip ou une sortie qui mérite ton attention. En quelques lignes, je te décris le morceau et révèle ce qu’il faut retenir. Plus besoin de passer ta soirée à retourner le Net pour dénicher des sons qui tuent.
Délicatessen: Toutes les semaines, un album sur la table d’opération.

Des albums, des EP et des mixtapes, il en sort à la pelle. Mais lesquels méritent vraiment ton attention ? Es-tu passé à côté d’une pépite ? Chaque semaine, on dissèque un album, histoire de voir ce qu’il a réellement dans le ventre. Production. Flow. Écriture. Vision. Identité. Cohérence. Tout y passe. Et à la fin, on tranche. Pas de complaisance : notre boulot, c’est de te dire ce qu’on en pense, pas de caresser les artistes dans le sens du poil.
La loi des machettes : Toutes les deux semaines, une playlist.

Le rap, ça s’écoute. Qui découpe l’instru ? Qui arrache le beat ? Qui martyrise la prod ? Ça va se savoir. Toutes les deux semaines, dans ta playlist La Loi des Machettes, on rassemble des morceaux d’hier comme d’aujourd’hui. Les dernières sorties croisent le fer avec les classiques, les rappeurs signés se frottent aux indés, les générations et les styles s’entrechoquent. Ici, tout est permis. Un morceau peut te mettre une décharge ou te donner matière à penser. Peu importe le blaze, les ventes ou les streams : si le morceau déchire, il a sa place dans La Loi des Machettes.
Fondamentaux : Un mois sur deux, un dossier de fond pour comprendre les règles du jeu

Pourquoi le rap s’appelle-t-il « rap » ? Qui sont les premiers à s’être qualifiés de « rappeurs » ? À quoi sert un rappeur ? Comment analyser un morceau ? Qu’est-ce qui distingue un bon rappeur d’un mauvais ? Des questions qui paraissent simples, presque innocentes mais dont les réponses déterminent en grande partie notre manière de comprendre le rap et d’en parler. Alors, je réclame un retour aux fondamentaux. Un mois sur deux, on remonte aux sources, on confronte les idées, on pose des critères et on prend le temps d’aller au fond des choses pour y voir plus clair. LES FONDAMENTAUX, c’est carré, c'est le programme qui met les points sur les I et les barres sur les T.
La mégère : Un mois sur deux, les rapports de la Mégère

Tu la reconnais, cette vieille qui guette du haut de sa fenêtre, à moitié cachée derrière ses rideaux ? Crois-moi, tu ne veux pas finir dans l’un de ses rapports. Ici, on confronte, on analyse, on dresse des profils. On distribue des critiques, parfois des éloges, souvent des reproches. Les ménagements ? Très peu pour elle. Qu’y a-t-il de plus libre qu’une vieille peau qui n’en a plus rien à battre ? Elle dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. On dit qu’elle exagère. Elle en est fière. Le podcast qui a du flair, c’est LA MÉGÈRE.
La Blacklist : Tous les dimanches à 19h55, un courrier confidentiel

Un dernier mot avant de refermer la semaine. Quand la fumée est retombée et que le lundi pointe le bout de son nez, y a-t-il meilleur moment pour partager une réflexion, raconter une histoire ou te faire entrer dans les coulisses de Black Hole Papers ? La BLACKLIST, c’est l’occasion de se dire les choses simplement, entre nous, sans filtre. Et si, pour une fois, on parlait de tout… sauf de ce putain de rap game ?
Des méthodes maison

Des analystes, des chroniqueurs, des mecs qui font des reviews, il y en a plein. Et tant mieux : ça fait vivre le débat et dynamise la culture. Maintenant, combien prennent vraiment le temps de définir leurs critères et d’expliquer comment ils parviennent à leurs conclusions ?
Black Hole Papers, c’est un journal fait par un rappeur, pour les auditeurs exigeants et les rappeurs qui ont de la trempe. Et mon premier objectif, c’est d’être compris. Pour être compris, il faut être clair : sur ce qu’on pense, sur les critères qu’on utilise et sur les mots qu’on emploie.
Ce souci de clarté m’a conduit à développer mes propres outils : Les 5 forces de Rap Brown pour analyser un morceau, le Diagramme de Dessalines pour juger la vision qu’il véhicule, l’Échelle d’Hamilton pour évaluer un rappeur et, enfin, le Black Hole Protocol pour comparer les carrières.
Pour l’instant, ces noms ne te disent probablement rien. Mais très vite, tu verras qu’ils nous permettront de parler de rap avec un vocabulaire commun et des critères clairs, ainsi nos analyses seront plus précises et nos échanges plus riches.
Subversif dans le ton Académique dans la méthode .

Subversif dans le ton, parce qu’un média qui ne peut plus parler librement d’un album ne sert plus à grand-chose.
Académique dans la méthode, parce que parler librement ne dispense pas de définir ses termes, d’expliquer ses critères et d’appuyer ses conclusions sur des faits. Dans le rap comme dans le journalisme, ce qui m’importe, c’est la même chose : la liberté de contenu.
Soyons cohérents. On ne peut pas demander à un animateur de démonter l’album d’un artiste qui vient de payer pour apparaître dans son média. Chez Black Hole Papers, le principe est simple : si ton morceau cartonne, on le dira. Si ton son est tout pété, on le dira aussi. Que tu sois un artiste émergent ou une tête d’affiche ne change rien. Que certains s’en agacent ? Sans doute. Mais ma première responsabilité, c’est la transparence que je dois aux lecteurs.
C’est pourquoi Black Hole Papers ne dépend ni des labels, ni des artistes, ni des sponsors pour financer son contenu. Pas d’avis acheté. Pas de placement déguisé en coup de cœur. Si je te dis qu’un morceau déchire, c’est simplement parce que je le pense. Et mieux encore : je t’explique pourquoi.
Black Hole Papers : un journal indépendant

Black Hole Papers est un journal indépendant qui ne rend de comptes qu’à ses lecteurs.
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Pas de sponsor à ménager.
Pas de label à remercier.
Pas de publicité.
Que du rap, des idées et du franc-parler. À la bonne heure. Black Hole Papers arrive en France.
Une dernière question demeure : jusqu’où oseras-tu t’en approcher ?

Mohamed Deyoko
Fondateur du journal Black Høle Papers .
